Présence et témoignage d’un membre de notre association au cours du 70ème anniversaire de la fin de la République espagnole

    Je souhaite partager avec vous une expérience, vécue il y a quelques jours, qui a été très significative sur le plan politique et émotionnel pour moi.

    70° Ann. Chute Madrid 1 Cette fin mars 2009 a vu l’anniversaire des soixante-dix ans de la chute de Madrid aux mains du fascisme franquiste. En France, terre d’exil d’un grand nombre d’Espagnols républicains, leurs descendants et les derniers acteurs de cette histoire toujours en vie, ont commémoré cette date avec solennité et une grande fidélité à ce triste passé qui ne passe pas…

    J’ai eu la chance de participer à un colloque commémoratif à Limoges, à travers une intervention sur “l’exil républicain en Amérique Latine”. Carmen Negrin, fille et exécuteur testamentaire de don Juan Negrín Lopez, le dernier président du Conseil des ministres (c’est-à-dire le premier ministre) de la seconde République espagnole. Sa présence et son intervention ont rehaussé et apporté une continuité historique à cet événement.

    Au cours de ce colloque, engagé et politiquement très solide, de nombreux vieux Espagnols qui n’avaient jamais assumé leur origine et qui ne voulaient rien savoir de ce passé douloureux, ont eu l’occasion de reprendre contact avec leur ancienne communauté. Leurs retrouvailles furent pleines de souvenirs et d’une grande dignité. Un monsieur de quasiment 80 ans, de Tortoza, s’est rapproché de Carmen en lui disant : “j’ai connu votre grand-père quand il est venu dans ma maison, au début de la bataille de l’Ebre. J’avais alors 9 ans…” Effectivement, fils d’une famille républicaine qui avait une grande maison à Tortoza, son foyer avait servi de lieu de réunions de l’Etat major des forces républicaines lors de l’offensive de l’Ebre. C’est pour cela que s’y sont trouvés les membres du gouvernement, et parmi eux, son président, Juan Negrin.

    Ce monsieur n’avait jamais été en Espagne depuis 70 ans, et il ne s’était jamais rétrouvé avec des Espagnols en exil, c’était la première fois qu’il le faisait. 70° Ann. Chute Madrid 2

    Quand le colloque a commencé, on a entendu l’Hymne del Riego (l”hymne de la république), ce qui a constitué un moment très intense émotionnellement.

    Au cours de cette journée, il s’est passé beaucoup d’autres choses que je raconterai un plus tard (peut-être par écrit). En raison de la proximité entre l’Espagne Républicaine et le Chili de l’Unité Populaire, ce colloque et ces retrouvailles avec une partie des vieux exilés espagnols ont été pour moi un moment d’une très grande force et d’une grande émotion !

    Conjointement à cette lettre que j’ai écrite spécialement pour vous, vous trouverez les tracts d’appel à cet événement.

    Chers amis, je vous salue très fraternellement,

    Ricardo Parvex président de l’association des ex-prisonniers politiques chiliens en France


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