Hommage à Carlos LIBERONA y Hortensia BUSSI de ALLENDE

    Lundi 22 juin, dans la salle du conseil municipal de la Mairie du XIXème arrondissement de Paris, s’est déroulé une cérémonie de souvenir en hommage à nos deux camarades de luttes et d’espoirs : Hortensia Bussi, veuve de Salvador Allende et Carlos Liberona (dit Claudio). Près de 100 personnes étaient présentes parmi lesquelles des militants français et chiliens, des membres et des amis solidaires de nos luttes et du Chili en général. Cet hommage était organisé par trois associations chiliennes en France : l’association Grano de Maíz, l’association Concepción et l’association d’Ex Prisonniers Politiques Chiliens en France (AEXPPCH).

    Ricardo Parvex, président de l’AEXPPCH, a ouvert la cérémonie en expliquant les raisons de la réalisation d’une activité unique pour nos deux camarades.

    La première intervention de Cristián Rodriguez, ancien et grand ami de Carlos, a rappelé son profond engagement populaire et son inébranlable esprit social. Cristián a lu une partie du discours prononcé par Andrès Pascal lors de l’hommage à Carlos au Chili. Cristián s’est permis d’évoquer quelques-uns uns des moments passés avec Carlos (Cristián a voyagé au Chili pour les dernières heures de Carlos). La dernière partie de son allocution a été partagée avec Gustavo Marin (José Peralta) qui depuis la France, a travaillé et soutenu les activités de Carlos jusqu’à ses derniers instants. Gustavo a dit son admiration pour l’énorme capacité d’analyse de Carlos-Claudio, ainsi que la confiance dans les décisions politiques et sociales que ce dernier prenait. Pierre Kalfon, écrivain et diplomate français, a ensuite pris la parole en rappelant d’abord Carlos Liberona puis Doña Tencha. Du premier qu’il a nommé « Claude » durant toute son allocution, Kalfon a évoqué la profonde amitié qui les unissait. Elle avait débuté il y a près de 40 ans. Kalfon a raconté comment ils s’étaient connus, et comment Carlos avait été un soutien pour lui, alors qu’il était correspondant du journal Le Monde, en lui donnant des informations de première main sur la sédition pendant la période de l’Unité Populaire. Il a terminé avec une anecdote qui remontait au 13 septembre 1973 quand avec Claudio, ils se rendaient au centre de Santiago. Pierre Kalfon a également exprimé la tristesse de sa femme Nicole, et de ses enfants, pour le départ de ce vieil ami… Le journaliste français a rendu ensuite hommage à Doña Tencha qu’il a rencontrée au début des années 70 et qu’il avait interviewée dans son exil. Il s’est souvenu très particulièrement de cet entretien réalisé à Mexico en 1974, quand Tencha lui a raconté qu’elle étudiait le marxisme…

    Notre camarade Carmen Castillo a pris la parole en évoquant les humbles origines de notre ami disparu et, en reprenant ses propres paroles, elle a dit que Claudio disait toujours que si cela n’avait pas été pour l’espoir que le MIR lui avait transmis quand il était jeune, lui et de nombreux jeunes de même âge et de même condition que lui auraient terminés alcooliques… Carmen a aussi eu des mots de tristesse pour Doña Tencha, d’abord comme symbole de la résistance à la dictature, mais aussi comme vieille amie de sa mère. Notre camarade a rappelé qu’après le soutien qu’Hortensia Bussi avait prêté à l’expérience de la Concertation démocratique pour mettre fin à la dictature militaire, la veuve de Salvador Allende avait été particulièrement critique à l’égard de la gestion timorée et du maintien par les divers gouvernements de la Concertation du cadre légal et économique légué par la tyrannie pinochetiste.

    Le Parti Socialiste Chilien (en France) était aussi présent, représenté par le camarade Armando Uribe Echeverria qui a confirmé les propos tenus par Carmen. La Tencha était critique de ce que la Concertation “n’avait pas fait”... Uribe, dont la famille a toujours entretenu des liens étroits d’amitiés avec la famille Allende, a rappelé la vision qu’il avait enfant de la veuve du Président.

    Le jeune journaliste français, Thomas Huchon qui a vécu au Chili près de deux ans, a mentionné Doña Tencha quand il a interviewé des membres de la famille Allende. A cette occasion il a réussi à échanger de brefs instants avec elle, mais l’état de santé de l’ancienne Première Dame ne lui permettait pas un long entretien. L’évocation faite par Huchon lors de la cérémonie fait partie d’un des chapitres de son livre sur l’ancien Président chilien, œuvre qui devra être publiée dans les prochains mois.

    La cérémonie s’est clôturé avec la participation du juriste et magistrat Philippe Texier, qui avait connu la Tencha lors de réunions internationales de solidarité avec le Chili, effectuées entre autres à Paris ou México pendant la dictature. Philippe a relevé le rôle unitaire qu’avait joué Doña Tencha comme leader naturel, dans la diaspora chilienne, et que tous les partis et tendances chiliennes présentes en exil, respectaient et considéraient comme héritière du Président disparu.

    La cérémonie s’est achevé avec un vin d’honneur animé par de nombreux artistes chiliens qui alternèrent chansons et poèmes avec des discours d’hommage à nos deux amis. Parmi les artistes, étaient présents : Fernando Muñoz (notre très cher Feña, ex membre du groupe Karaxu) Osvaldo Torres, Mariela y Simón Gonzalez, le groupe « la Bicicleta », Wladimir Beltrán (également membre de l’ancien groupe Karaxu…)

    Ricardo Parvex

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    Carlos y Tencha


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