Célébration du 11 septembre 2011 à Paris

    Le 11 septembre, sur la Place Salvador Allende, face à l’Ambassade du Chili, plus de 120 personnes se sont réunies pour rendre un Hommage à Salvador Allende au 38° anniversaire de sa disparition. Cette manifestation co-organisée par l’Association d’Ex-Prisonniers Politiques Chiliens en France, le Parti Communiste Chilien (section Française), le Parti Socialiste Chilien (section Française) a été honorée de la Présence de Madame Martine BILLARD, députée du Parti de Gauche et Madame Sophie THONON, Présidente de France Amérique Latine. Quelques associations dont l’AFAENAC ont manifesté leur solidarité. La célébration a été pontuées d’émouvantes chansons chiliennes interprétées par Polo GOMEZ et Marcos SOTO. Les organisateur ont déposé une offrance florale sur la Place qui avait déjà été fleurie -comme chaque année à cette date- par la Mairie de Paris.

    Voici quelques photos prises par Véronique HUYGHE

    Intervention du Président de l’AExPPCh :

    Cher(e)s camarades,

    Il ya 38 ans, le coup d’Etat du 11 septembre 1973 arrêtait violement un processus historique au cours duquel le Peuple chilien bâtissait un destin plus juste, égalitaire et démocratique. La justice sociale était le produit des luttes populaires et de l’intervention croissante de l’Etat afin d’assurer une meilleure distribution des richesses et des ressources du pays. Les résultats n’en étaient qu’à leurs débuts, mais nous pouvions constater une amélioration des services de santé, l’élévation du niveau nutritionnel des salariés et leurs familles, la généralisation de programmes de logement et la mise en place d’une éducation de qualité, laïque, gratuite, égalitaire et accessible à tous.

    Le principal objectif de la dictature instaurée en septembre 73 par les militaires au nom des couches dominantes et soutenues par le gouvernement des Etats Unis était justement d’interrompre cette politique favorisant les plus pauvres, de renverser la situation et redonner aux plus riches les bénéfices de la richesse, des privilèges et du pouvoir.

    Pendant presque quatre décennies une minorité aisée, élitiste et égoïste a réussi à imposer par la violence d’abord et par l’intimidation ensuite, un modèle injuste, destructeur de la société et de l’environnement. La législation inique et immorale, fruit de la terreur s’est concrétisée dans la Constitution dictatoriale de 1980, toujours en place. La propagande des possédants distillée par leurs moyens de communications - leur presse et leur télévision - a endormi, anesthésié ou plongé dans la résignation, pendant plus de vingt ans, la classe politique issue du plébiscite de 1988. Le résultat de cette société profondément inégale nous crève les yeux : 20% des chiliens vivent comme des Scandinaves, 80%comme des Africains. Notre pays est l’un des plus inégalitaires du monde.

    Rappelons-nous du dicton populaire : « il n’y a pas de mal qui dure cent ans, ni de peuple qui l’accepte ». En ce moment même, le peuple chilien est en train de dire NON, et ce sont ses secteurs les plus jeunes, ceux qui n’ont plus peur du fouet du maître, ni des chars des armées qui se sont mis à la tête de ce profond changement d’époque. Ils ont été réprimés et Manuel Gutierrez, jeune lycéen de seize ans fut assassiné. Les forces répressives, ont d’abord pratiqué l’héritage "pinochetiste" de nier toute responsabilité criminnelle, même si la réalité était claire pour tout le monde. Dans cette lutte d’autres étudiants risquent leurs vies dans des grèves de la faim courageuses qui mériteraient un peu plus que l’indifférence des puissants. Le combat pacifique des jeunes va continuer à s’opposer à la force brute du gouvernement des riches qui ne sait pas quoi faire, ni comment maintenir un modèle économique injuste, répressif qui prend l’eau de tous les côtés et dont personne ne veut.

    Pour faire plier les saines aspirations populaires à une vraie justice, à une véritable mémoire historique, à des conditions de vie dignes pour une nation digne, les leaders de droite et les « résignés du centre-gauche » nous ont seriné pendant des années qu’il fallait tourner la page, qu’il ne fallait pas regarder dans le rétroviseur ; en définitive, qu’il fallait accepter ce Chili tel que les putschistes de Pinochet le souhaitaient et l’avaient programmé. Mais cette humanité a dit BASTA ! et s’est mise à marcher par les grandes avenues dont parlait le président Allende. Marcher vers un avenir où le cuivre, l’eau, les forêts, les ressources marines servent à mieux faire vivre la population toute entière et non seulement une poignée de patrons sans scrupules et leurs associés du Nord.

    Que ce soit clair, nous, les Chiliens qui vivons en dehors de notre pays, nous ne sommes pas les protagonistes de ce changement, les acteurs de celui-ci sont les millions de compatriotes qui vivent au quotidien les injustices et la dictature des classes dominantes, en particulier les étudiants et les jeunes générations. Ces jeunes qui ont eu la grandeur d’esprit et la conscience politique de ne pas se pencher seulement sur leur propre situation, mais de comprendre leur réalité comme partie intégrante d’un Chili qui doit réaliser, en profondeur, sa mutation.

    Cela ne veut pas dire que les Chiliens à l’étranger restent indifférents, loin de là. Nous assistons à une réactivation des réseaux, des associations et des collectifs chiliens partout dans le monde. Nous devons faire connaître la réalité chilienne auprès des médias étrangers. En France, nous devons informer les médias et ne pas laisser le dernier mot à l’ambassade. Nous devons collecter des fonds pour venir en aide aux associations jeunes et étudiantes du Chili, nous devons organiser des forums, des débats et manifestations où l’on fait connaître ce qui se passe dans notre pays. Bien que nous ne sommes pas les protagonistes, nous devons être les meilleurs relais, les plus efficaces complices de cette juste lutte qui s’annonce longue, difficile et semée d’embûches mais si pleine d’espoir et d’avenir.

    Défendons la vie des jeunes chiliens, dénonçons la violence et la brutalité policière seul langage du pouvoir actuel !

    Justice pour Manuel Gutierrez !

    NON à l’éducation de Pinochet !

    Référendum Maintenant !

    Luttons pour changer la constitution Pinochetiste !

    ASSOCIATION D’EX PRISONNIERS POLITIQUES CHILIENS-FRANCE

    Autres photos (Dominique Vétillard)


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