40° anniversaire du Coup d’Etat en Argentine

    Communiqué de presse : Paris, 24 mars 2016

    Ce soir, la Coordination pour la Commémoration du 40ème Anniversaire du Coup d’Etat en Argentine a organisé un rassemblement avec la participation de près de 300 personnes, à proximité de l’immeuble où a fonctionné le Centre Pilote de la dictature argentine , au 83 AV. Henri Martin du 16ème arrondissement de Paris.

    Ont pris la parole M. Patrick Klugman, Maire adjoint de la Ville de Paris ; Sergio Coronado, député français ;

    JPG - 62.8 ko
    Sophie THONON - FAL

    Sophie Thonon Présidente de l’Association France-Amérique Latine-FAL- ;

    JPG - 72.4 ko
    Geneviève JACQUES _ CIMADE

    Geneviève Jacques, Présidente de l’organisation de solidarité avec les réfugies CIMADE ; Maria Cécilia Gomez, ancienne responsable des programmes Amérique Latine de l’ACAT ; Carlos Shmerkin pour l’ACAF, Louis Salas pour l’Association d’ExPP chiliens -France, Zelmar Michelini pour l’Association Dónde Están, Maria Laura et Silvina Stirnemann pour l’Association Hijos-Paris et Alicia Krueger pour le Collectif Argentin pour la mémoire.

    Alternaient avec les discours, des présentations musicales d’artistes argentins, dont le pianiste Miguel Angel Estrella, le duo Hugo Diaz Cardenas et Guillermo Venturino, et le groupe "Tierra del Fuego" composé de Pablo Nemirovsky, Line Kruse, Sergio Gruz, Simon Drappier et Francisco Cosavella.

    La plus part des orateurs ont rendu hommage aux victimes de la répression de la dictature, signalant l’importance des procès ouverts en Argentine en même temps qu’ils ont dénoncé les mesures du gouvernement actuel restreignant les libertés publiques, licenciant abusivement des milliers de fonctionnaires et maintenant en détention la dirigeante sociale, Milagros Sala.

    La Coordination de la Commémoración du 40° Anniversaire du Coup d’Etat en Argentine

    Allocution de l’Association d’ExPP Chiliens-France

    JPG - 127.5 ko
    Luis SALAS - AExPPCh-F

    Si tout le vécu devait être oublié. Si tout le passé devait être balayé par l’amnésie et le désintérêt de ceux qui écrivent l’histoire officielle, il y aurait au moins deux choses qui continueraient de peupler nos mémoires et nos cœurs ; le souvenir de nos martyrs et la volonté inébranlable de changer nos sociétés afin de les rendre plus justes et plus solidaires. Si cela est valable pour le Chili, notre pays, c’est aussi valable pour l’histoire du grand peuple argentin, notre voisin, frère et complice.

    Aujourd’hui, quarante ans ont passé depuis le coup d’Etat militaire de mars 76 qui l’a asservi sans le vaincre, qui l’a mis à mal sans pouvoir empêcher qu’il ne se dresse à nouveau. C’est ainsi que pendant ces quatre décennies nos camarades argentins ont continué d’alimenter l’inépuisable flamme de la liberté et ils ont conservé l’inextinguible soif de justice qui les a toujours animés.

    Ni les tristement célèbres “vols de la mort”, ni les disparitions, ni le fantôme de la sinistre ESMA et les autres prisons clandestines n’ont mis en déroute les habitants des bidonvilles, les jeunes étudiants et les ouvriers qui peu d’années plus tard ont fini par avoir raison des Videla , Massera et leurs comparses sanguinaires.

    Cependant, quel prix fort ont dû payer nos camarades de l’autre versant des Andes pendant cette période pour reconquérir leur liberté et leur droit à concevoir une société différente à celle que voulaient leur imposer les généraux et leurs amiraux félons. Combien de combats pour ces mères, ces grands-mères et pour ces milliers de familles pour récupérer des petits enfants, avoir des nouvelles d’un enfant, et obtenir que l’on punisse les coupables !

    La solidarité internationale est venue en aide au Peuple argentin, comme elle l‘avait fait pour le Chili peu de temps avant, pour l’Espagne martyre quelques décades auparavant. Ce fut l’œuvre des camarades de toujours : les partis de gauche, les syndicats, le monde des ONG et la société civile. Nous ne devons pas oublier que la Junte dictatoriale a eu aussi ses alliés à l’étranger avec les militaires brésiliens et chiliens qui se sont unis dans l’entreprise criminelle la plus sanguinaire qu’ait connu notre continent, le dit Plan Condor. Des centaines de camarades chiliens, argentins, uruguayens et brésiliens ont été victimes de cette diabolique coopération militaire, de laquelle n’étaient pas absents non plus des conseillers techniques européens et nord -américains. Là encore, nos destins ne faisaient qu’un.

    Une mention spéciale revient au monde du football duquel le peuple argentin aurait pu espérer un autre traitement vue l’importance des natifs du Rio de la Plata dans l’univers footballistique mondial. Au contraire, ce monde des Avelange et des Blatter (dont on sait maintenant un peu plus combien ils sont pourris) ce monde a soutenu la dictature, a été complice de ses crimes et a aidé à mettre un voile sur l’horreur qui coexistait avec le sinistre cirque footballistique de 1978. Quarante ans ont passé et nos peuples doivent conserver l’espoir et aussi poursuivre la lutte pour un monde meilleur. Encore une fois La cordillère des Andes ne sera pas une barrière mais le lieu où les histoires et les aspirations des peuples chiliens et argentins continueront à se fondre en un seul destin comme l’armée libératrice de San Martin et O’Higgins.

    Paris, CA de l’Association d’Ex Prisonniers Politiques Chiliens (France)


Imprimer Article en PDF Recommander à un ami
¡Basta ya ! Le peuple Chilien en lutte
L’Association ExPPCh-F a 20 ans
"Mi vida con Carlos" de Germán BERGER-HERTZ
Aspects de l’histoire de la Démocratie Chrétienne chilienne De ses origines au coup d’Etat
Javier Rebolledo, le premier journaliste à affronter la justice pour publier sur les crimes de la dictature.