Javier Rebolledo, le premier journaliste à affronter la justice pour publier sur les crimes de la dictature.

    Javier REBOLLEDO ESCOBAR est un journaliste chilien spécialisé en investigation sur les thèmes relatifs aux violations systématiques des Droits Humains au Chili.

    Parmi ses livres, retenons :
      El despertar de los Cuervos Création de la DINA à « Tejas Verdes » et l’origine de l’extermination au Chili
      La danza de los cuervos : El mocito y el destino final de los detenidos desaparecidos L’histoire de J. Vergara, « el mocito », un jeune paysan pris au Service de colonel CONTRERAS témoigne de ce qu’il a vu chez le colonel et au « cuartel Simon Bolivar » où ont été détenus, torturés et assassinés les membres de la Direction du PCCh
      A la sombra de los cuervos Les civils qui ont participé aux exactions de la dictature
      CAMALEON L’histoire d’un infiltré (ex communiste) au service de la dictature.

    C’est sur la base de ce dernier ouvrage que Carolina Paz Quintana Poblete, fille du lieutenant colonel Raúl Quintana Salazar attaque l’auteur pour « injures à son encontre », alors que son père est actuellement condamné à la prison pour 10 ans pour séquestration de 5 détenus-disparus, plus 5 ans pour participation à des actes de tortures à « Tejas Verdes », plus 5 ans pour séquestration de citoyens uruguayens,… et qu’il y a d’autres procès en cours contre lui.

    Javier Rebolledo devient ainsi le premier journaliste à affronter la justice pour publier sur les crimes de la dictature.

    La plainte de Mme Carolina PAZ a été déclarée sans objet par le Tribunal, mais la Cours d’Appel de Santiago a relancé la plainte à la demande de son avocat.

    Le Collège des Journalistes a fait une déclaration motivée en faveur du Javier Rebolledo et réclame le droit de faire des recherche et de les publier, décrire des crimes n’est pas porter atteinte à la réputation de son auteur quand il a été jugé coupable.

    De nombreuses associations et personnes se mobilisent pour la défense de Javier Rebolledo dont celle de nos Amis Uruguayens "¿Dónde Están ?" Le Cercle Bolivarien de Paris et France Amérique Latine.

    D E C L A R A T I O N

    L’Association d’ex-prisonniers politiques chiliens-France exprime son profond rejet de la décision de la Cour d’Appel de Santiago d’accepter une plainte pour diffamation contre le journaliste d’investigation Javier Rebolledo.

    Cette plainte se fonderait sur la citation que fait Rebolledo dans son livre « Caméléon » de pratiques de torture utilisées par le Lieutenant Colonel (r) de l’armée Raul Quintana Salazar au cours de la période de la dictature militaire. M. Quintana Salazar est, jusqu’à présent, condamné à 20 ans de prison pour crimes de torture, meurtre et enlèvement qualifié.

    Javier Rebolledo, ainsi que d’autres journalistes d’investigation de renommée, a contribué à la clarification de la vérité en ce qui concerne une des périodes plus horribles de l’histoire chilienne. Nous saluons son courage, sa ténacité et la qualité de son travail.

    Nous rejoignons les nombreuses expressions de solidarité qu’il a reçues ces derniers jours.

    La liberté d’informer et de s’informer est un droit fondamental que nous ne pouvons pas laisser piétiner si nous voulons préserver l’espoir d’obtenir justice contre ceux qui détiennent le pouvoir et leurs organes répressifs. C’est pourquoi nous soutenons Javier Rebolledo.

    Héctor VASQUEZ, Président

    pour le Conseil d’administration AExPPCh

    Paris, le 28 juillet 2018

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    Déclaration

    L’Association Donde Estan qui lutte en France contre l’impunité des crimes contre l’Humanité commis pendant la dictature en Uruguay (1973-85) exprime toute sa solidarité avec le journaliste d’investigation chilien Javier Rebolledo, qui travaille depuis de nombreuses années sur les atteintes aux Droits Humains commises pendant la dictature d’Augusto Pinochet au Chili.

    Donde Estan exprime son indignation devant la décision de la Cour d’Appel de Santiago d’accepter une plainte pour diffamation déposée contre ce journaliste, au motif qu’il fait référence dans son dernier ouvrage « Caméléon » à des pratiques de torture utilisées par le Lieutenant Colonel (r) de l’armée Raul Quintana Salazar au cours de la période de la dictature militaire au Chili.

    Quintana Salazar a déjà été reconnu coupable de crimes de torture, meurtre et enlèvement qualifié et purge actuellement plusieurs peines, pour un total de 20 ans de prison. Parmi les crimes pour lesquels il a été condamné figure l’enlèvement de deux citoyens uruguayens, dans le cadre du plan Condor qui réunissait les forces répressives de six pays d’Amérique du Sud, dont le Chili et l’Uruguay, sous l’égide des Etats-Unis, dans les années 1970.

    Depuis la fin des dictatures dans nos pays, face à la complicité des forces armées et l’inertie des pouvoirs judiciaires dans l’élucidation des crimes du terrorisme d’état, le journalisme d’investigation est une des armes que les forces répressives redoutent. Toute atteinte à la liberté d’informer est une atteinte à la liberté de savoir et donc à la vérité, à la justice et à la mémoire.

    Nous soutenons Javier Rebolledo qui doit comparaître devant la justice chilienne le 16 août prochain et risque une peine de prison. Nous rejoignons toutes les marques de solidarité qu’il a reçues ces derniers jours.

    Le Bureau de Donde Estan

    Paris, le 29 mars 2018

    Le Cercle Bolivarien de Paris adhère à ces déclarations car pour nous la mémoire et la non-impunité sont des principes inaliénables de tous les citoyens du monde qui luttent pour la justice sociale pour nos peuples. Un journaliste que met en évidence des choses atroces commises par les autorités pendant les dictatures de l’Uruguay, de l’Argentine et du Chili ne peut pas être jugé pour dire la vérité.

    Maigualida Rivas pour le Cercle Bolivarien de Paris.

    SOLIDARITÉ AVEC JAVIER REBOLLEDO

    France Amérique Latine exprime toute sa solidarité avec le journaliste d’investigation chilien Javier Rebolledo, dans le cadre de la plainte pour diffamation déposée à son encontre. FAL exprime également toute son indignation face à la décision de la Cour d’Appel de Santiago de Chili de donner suite à cette plainte alors qu’elle venait d’être classée sans suite par le Tribunal de Première Instance.

    La plainte a été déposée par Carolina Paz Quintana Poblete, fille du Lieutenant-Colonel de l’armée (R) Raúl Quintana Salazar, au motif que le journaliste fait référence dans son ouvrage Cameléon aux pratiques de tortures utilisées par son père lors d’interrogatoires de militants, et dont certains font partie des disparus de la dictature au Chili (1973-1990).

    Raúl Quintana Salazar, père de Carolina Paz Quintana Poblete, purge actuellement des peines de prison – pour un total de 20 ans – après avoir été reconnu coupable de crimes de tortures, meurtres et enlèvements. Il fait partie des premières personnes intégrant et composant la DINA (police politique secrète), sous la direction directe du dictateur Augusto Pinochet et du directeur de la DINA, Manuel Contreras.

    Face à l’omerta existante au Chili, à la collusion des forces armées et de civils sur les crimes de la dictature et l’inertie des pouvoirs judiciaires dans l’élucidation des crimes du terrorisme d’État, le journalisme d’investigation est une arme que les forces répressives redoutent.

    Javier Rebolledo, journaliste reconnu pour son travail concernant les crimes contre l’humanité de la dictature chilienne, a publié quatre ouvrages de référence à ce sujet. Nous soutenons pleinement Javier Rebolledo qui doit comparaître le 16 août 2018, devant la justice et qui risque une peine de prison pour le seul fait d’exercer son travail.

    En fait, Carolina Paz Quintana Poblete cherche à ce que les crimes avérés de son père ne puissent plus être évoqués. Comme si sa condamnation valait un droit à l’oubli, à tourner la page. Si Carolina Paz Quintana Poblete était entendue, en plus des droits des victimes de la dictature, c’est tout le peuple chilien qui se verrait condamné à l’oubli et au silence.

    Les journalistes d’investigation, les historiens doivent pouvoir continuer inlassablement leur travail d’écriture de la vérité. Le peuple chilien n’a pas besoin d’un voile pudiquement placé sur les crimes, mais de toute la lumière jusqu’à faire apparaître ceux et celles qui s’y cachent ainsi que leurs responsabilités.

    Depuis 1973, France Amérique Latine n’a eu de cesse de dénoncer et d’informer sur les crimes perpétrés au Chili pendant la dictature – mais aussi tous les crimes des dictatures du Cône Sud - ; FAL est et sera toujours aux côtés de ceux et celles qui revendiquent l’exigence de Vérité, de Justice et de Mémoire.

    Nous rejoignons toutes les marques de solidarité que Javier Rebolledo a reçues ces derniers jours.

    Le Bureau de France Amérique Latine

    Paris, le 31 juillet 2018

    falnationale@franceameriquelatine.fr

    Pour la vérité sur la répression au Chili !

    Le journaliste chilien Javier Rebolledo vient de recevoir une plainte pour diffamation instruite par Carolina Paz Quintana Poblete, fille de Raul Quintana Salazar pour « injure à (s)on encontre ».

    Cette plainte qui avait été déclarée sans suite, a été relancée par la Cour d’appel de Santiago. Elle serait fondée sur la citation que fait Rebolledo dans son livre Caméléon de pratiques de torture utilisées par le lieutenant- colonel de l’armée Raul Quintana Salazar au cours de la dictature militaire du sinistre Pinochet. Cet ex-gradé de la DINA purge actuellement une peine de vingt ans de prison pour des affaires de séquestrations et disparitions, de tortures et d’enlèvements de citoyens uruguayens.

    Javier Rebolledo a contribué à la clarification de la vérité sur une des périodes les plus horribles de l’histoire chilienne. Il déclare que « cette situation affecte le libre exercice de ma profession »

    Les syndicats de journalistes français, SNJ, SNJ-CGT, CFDT Journalistes affiliés à la FIJ, se déclarent solidaires du travail et du combat de Javier Rebolledo. Ils expriment leur stupéfaction de la décision de la Cour d’appel de Santiago et demandent à la Cour de revenir sur cette décision. Ils rejoignent les nombreuses expressions de solidarité adressées à notre confrère !

    La liberté d’informer est un droit fondamental et doit permettre aux citoyens d’obtenir justice contre ceux qui détiennent le pouvoir et en abusent avec leurs appareils répressifs.

    Le 02/08/2018


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